31/07/2007

Légende de Bretagne

taureausky

 

Le chateau du Taureau

 

Au milieu de la rivière de Morlaix, à l'est de Carantec, un rocher, qui émerge à peine, porte ke Chateau du Taureau. Cette massive forteresse qui semble surgir des eaux doit son existence à la nécessité où les habitants de Morlaix se trouvèrent, au XVIe siècle, de se défendre contre les incursions des Anglais. A diverses reprises, depuis le VIIIe siècle, elle a servi de geôle et renfermé d'illustres prisonniers politiques, parmi lesquels La Chalotais et Blanqui.
La situation insolite de ce fort et son éloignement du rivage ont tenté, si l'on en croit la tradition, de curieux petits personnages que leurs activités poussaient à rechercher la solitude. Dans le rocher qui sert d'infrastructure au chateau, vivent des Korrigans qui fabriquent de l'or, par des méthodes alchimiques. Leurs richesses sont immenses et ils ne les comptent point. Mais ils n'ignorent pas les ravages que l'attrait du métal précieux exerce parmi l'espèce humaine. Aussi leurs cadeaux restent-ils mesurés. Quiconque se présente à eux reçoit une poignée de pièces. Mais malheur aux visiteurs trop avides qui viennent les trouver avec un sac ou un coffre : ils repartiront les mains vides, après avoir subi les plus mauvais traitements de la part des nains. Si vous allez faire du bateau du côté du chateau du Taureau méfiez-vous de la nuit tombante et de ses sortilèges... Ou sinon, sachez rester modérés dans vos souhaits de fortune !

 

Source : Guide de la Bretagne Mystérieuse

Photo personnelle

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25/07/2007

Une légende illustrée

morgane

 

 

MARIE-MORGANE
 


Lorsque la mer fut apaisée, le saint homme Guénolé, servi par le vieux Gradlon, voulut dire une messe pour le salut de la ville engloutie. Alors qu'il élevait le calice, surgit des eaux scintillantes, le torse blanc d'une fille aux cheveux de cuivre, un bras levé au ciel. Une lourde queue d'écailles bleues terminait son corps.
 
C'était Ahès-Dahut, devenue Marie-Morgane. La main de Guénolé trembla si fort, que le précieux calice lui échappa et vint se briser sur les rochers. La messe ne fut point consommées, Is demeure maudite et Morgane sirène. Chaque fois que se montre Ahès, un orage terrible est bien près de crever.

Un jour, le patron Porzmoger, avait mouillé sa barque en baie. Quand il voulut remonter l'ancre, il ne put parvenir à la décrocher. Il se dévêtit et se laissa glisser le long du filin.
 
L'ancre était accochée dans las branches d'une croix dorée au sommet d'une église. Des cloche s'ébranlèrent, et il sombra le long de la tour. Par une fenêtre sans vitrail, il pénétra dans une nef illuminée où se pressait une foule fervente, et adossé à l'autel, un prêtre attendait Porzmoger.
 
Le sacristain quêteur présenta au marin un large plat où s'entassaient des pièces d'or aux curieuses marques : "Pour les chers trépassés". Porzmoger n'avait pas un liard, il secoua les épaules, alors le prêtre ouvrit les bras et se mit à chanter : "Dominum vobiscum" . Puis une grande plainte monta de la nef, où les assistants devinrent cadavres livides et squelettes blanchis.
 
La princesse vint au pêcheur : "Ne pouvais-tu répondre et cum spirit tuo, Porzmoger ! Tu nous aurais sauvés tous." 
 
A l'instant, il reconnut Marie-Morgane, et sut qu'il était dans Is. Il n'eut que le temps de remonter par la corde des cloches et le filin d'ancrage. A peine avait-il sectionné le filin et hissé la voile, que l'orage fantastique de la sirène creusait déjà les vagues autour de lui.
 
Et la ville d'Is attend toujours que finisse, enfin, la messe de rachat.

Extrait de Légendes de la Mer de Pierre-Jakez Hélias

Photo perso

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